L’Énigme de Stenay : Stéphane Bruyères, le poète qui décrypte l’ombre de Saturne.

À Stenay, l’histoire ne se lit pas seulement dans les livres, elle se ressent à travers les pierres et les vers. Rencontre avec Stéphane Bruyères, un passionné d’ésotérisme qui consacre ses recherches et sa plume au règne de Saturne et aux secrets enfouis de la cité mosane.
Le poème de SATURNE
A toi Stenay, belle ville du passé
Je cherche dans tes rues le moyen de passer
Du diurne au nocturne
Jusqu'au trône de Saturne
Près du moulin, le cygne nous montre un souterrain
Et très bientôt, toi et moi ne ferons plus qu'un
Je veux m'asseoir sur ton marbre antique
Qui me transportera jusqu'au cryptoportique
ROTAS, SATOR, DE BAAL A INOR Voici les paroles magiques
Pour ce voyage fantastique
Auréolé de gloire dans le Satium d'argent,
Je me trouverai engagé dans la spirale du temps
La Vouivre, la vie trépassée
À cette fontaine les larmes ont coulé
Amené et soigné jusqu'au château de Charmois
Tu laisseras ton vif souvenir aux gens de bonne foi
Adieu les courants d'air de rôt de bière
De notre bon Roi Dagobert
Et toi, Don Camillo, Pépone te tourne le dos
Pour les paroles magiques d'opéra Arepo
Du haut de sa mairie
Sous ses yeux il te dit
Vois-tu cette lampe des abîmes
Elle marque l'emplacement des trésors de ma dîme
Quand le jeune et le vieux croisent leur regard
Pour moi c'est presque sûr il n'y a plus de hasard
Le porteur de lumière baigné de sa Meuse
Laissera bientôt tomber sa hotte vers une fin malheureuse
Le Kronprinz est passé et a tout emporté
Cette pierre et son âme auraient pu nous montrer
Le tombeau des géants et les voyages dans le temps !
Stéphane BRUYERES
Un voyage entre diurne et nocturne
Pour certains, Stenay est une charmante commune de la Meuse. Pour Stéphane Bruyères, c’est un « labyrinthe temporel » où chaque recoin — du vieux moulin au cryptoportique — murmure les échos d’un passé oublié. Cet érudit local ne se contente pas de l'histoire conventionnelle ; il s’aventure dans les courants ésotériques pour tenter de retrouver la trace du « trône de Saturne ».
Dans son dernier texte, sobrement intitulé Le poème de Saturne, Bruyères nous livre une véritable carte aux trésors spirituelle. Entre références au carré magique Sator (ROTAS, SATOR) et évocations du Roi Dagobert, il trace un pont entre le monde visible et les « abysses » de l’invisible.
Le « Satium d’argent » et les paroles magiques
L’engouement de Stéphane Bruyères pour cette période saturnienne n’est pas qu’une simple marotte d’historien. C’est une quête de sens. En mentionnant la « spirale du temps » et la figure mythologique de la Vouivre, il invite le lecteur à une introspection :
« Voici les paroles magiques pour ce voyage fantastique... »
Ses écrits transforment la topographie locale (le château de Charmois, la mairie, la Meuse) en un théâtre sacré. Pour lui, Stenay est le point de convergence où « le jeune et le vieux croisent leur regard », une cité auréolée d’une gloire ancienne qu’il nomme le Satium d’argent.
Un gardien du patrimoine immatériel
Si le passage du « Kronprinz » a emporté bien des secrets, Stéphane Bruyères s’efforce de les restaurer par la force de l’esprit. À travers son œuvre, il déplore la perte de la « pierre » qui aurait pu nous montrer « le tombeau des géants », mais il propose une alternative : la poésie comme clé d’accès.
Son travail interpelle par sa profondeur. On y croise des figures populaires comme Don Camillo et Pépone, mais détournées vers une quête plus vaste, celle des « trésors de ma dîme ». Stéphane Bruyères ne cherche pas de l’or, mais une vérité historique et spirituelle qui, selon lui, palpite encore sous le marbre antique de Stenay.
Stéphane Bruyères continue de partager ses visions avec ceux qui, selon ses mots, sont « de bonne foi ». Un rendez-vous avec l'invisible qui ne laisse personne indifférent.
Jacquet Julien