Stenay : Le café de l’Avenue s'efface, une page d'histoire locale se tourne.
L'ancien Café tenu pendant des décennies par la figure locale Jeannine Philbert est actuellement en cours de démolition. Avec lui, c'est tout un pan des souvenirs ouvriers et conviviaux de la commune qui s'en va en poussière.
Un vestige de l'âge d'or des bistrots stenaysiens
Il fut un temps où Stenay résonnait du brouhaha d'une multitude de comptoirs. Cafés, bars, cafés-épiceries et estaminets rythmaient la vie des différents quartiers. Aujourd'hui, seuls quelques rares établissements subsistent. C'est dans ce contexte de nostalgie qu'une page définitive vient de se tourner sur l'avenue principale : les engins de chantier ont investi le site de l'ancien café de l’Avenue.
Laissé à l'abandon depuis plusieurs décennies, le bâtiment menaçait ruine. Les pelleteuses ont commencé leur triste travail, réduisant en miettes les murs qui abritèrent tant de tranches de vie.
« Chez la Jeannine » : le repaire des papetiers
Pour les anciens Stenaysiens, cet endroit restera à jamais « Chez la Jeannine », du nom de son emblématique patronne, Madame Jeannine Philbert. Pendant de nombreuses années, elle y a incarné un sens de l'accueil et une convivialité hors pair.
Le café de l'Avenue était notamment l’escale incontournable des ouvriers de la papeterie locale. À la débauche, les papetiers s'y retrouvaient pour une halte bien méritée, refaisant le monde autour d'un verre après des journées de labeur intensif.
« C'était plus qu'un bistrot, c'était un lieu de rendez-vous, un lieu où la barrière sociale n'existait pas », se rappelle un ancien.
Des parties de quilles mémorables
Au-delà du zinc, le café était célèbre pour son animation. Sur le côté de l'établissement, le traditionnel jeu de quilles en retenait quelques-uns. Les fins de journée s'y prolongeaient régulièrement à la lueur des rires et du fracas du bois.
Certains week-ends, l'ambiance montait d'un cran lors des concours interquartiers. Les joueurs s'y affrontaient lors de parties acharnées qui attiraient de nombreux spectateurs et de passionnés, transformant l'adresse en un véritable poumon festif pour Stenay.
Aujourd'hui, alors que les gravats s'accumulent, ce sont ces souvenirs de partage et de camaraderie qui flottent une dernière fois dans l'air. Le café de l'Avenue s'éteint pour de bon, mais sa mémoire restera gravée dans le cœur de ceux qui ont connu l'époque des grands estaminets.
Jacquet Julien



