Un devoir de mémoire gravé dans la pierre : Beaufort-en-Argonne inaugure une stèle aux aviateurs de la RAF.

Quatre-vingt-quatre ans après le crash dramatique d’un bombardier Lancaster, une stèle commémorative et une dalle abritant des débris de l’appareil ont été officiellement inaugurées ce samedi 4 juillet 2026 à Beaufort-en-Argonne, en présence d'élus, d'associations patriotiques et d'habitants émus.

Un hommage solennel et partagé C’est sur le territoire de la commune de Beaufort-en-Argonne que s'est déroulée cette cérémonie marquante, orchestrée par la municipalité et soutenue par de nombreuses figures locales, dont la députée de la Meuse Florence Goulet, et Stéphane Perrin, vice-président du Conseil Départemental.

On notait également la présence de Monsieur le Vice-Président du Conseil Départemental de la Meuse, Président de la CODECOM du Pays de Stenay-et Val Dunois, Stéphane PERRIN, représentant Monsieur Jerôme DUMONT, Président du Conseil Départemental de la Meuse,

Monsieur le Président de l'Union Ardennaise des Forces Françaises de l'Intérieur du Vouzinois, Pierre VERNEL, représentant Monsieur le sénateur des Ardennes, Marc LAMENIE,

Monsieur Serge HENRY, Trésorier Départemental du Souvenir Français, représentant Madame la Déléguée Générale pour le département de la Meuse,

Monsieur Pierre LEHNARD, Délégué Général Adjoint du Souvenir Français pour le Nord-Meusien,

Monsieur le Lieutenant Julien KAYSER-PORTIER, représentant le Service Départemental d'Incendie et de Secours,

Le maire de la commune a chaleureusement accueilli l'assemblée, rappelant le rôle des témoins de l'époque, notamment son prédécesseur Guy Santoire et Georges Champeaux, qui avaient œuvré dès 1999 pour que le sacrifice de ces jeunes hommes ne soit jamais oublié.

La tragédie du 21 décembre 1942 Jean-Michel Lebrun, président du comité de Stenay du Souvenir Français, a retracé avec précision le contexte historique de cette année 1942, au cours de laquelle le mouvement de la guerre commençait à s'inverser. Intégré au plan Harris du Bomber Command, le Lancaster N° R 5574 de la Royal Air Force (106ème Squadron) avait décollé de Syerston (Nottinghamshire) pour une mission de bombardement sur Munich. Intercepté à 23 000 pieds (7 000 mètres) par un chasseur de nuit allemand Messerschmitt 110 basé à Reims, l'appareil en feu a survolé le village avant d'exploser et de s'éparpiller sur 120 hectares de la forêt communale vers 18h30.

Dans une lettre poignante, l'ancien maire Guy Santoire, alors âgé de 13 ans, se souvenait du « triste spectacle de ces corps tombés non loin de la carlingue », découverts le lendemain matin au milieu des débris et des sentinelles allemandes.

Le destin exceptionnel du survivant L'équipage était composé de sept hommes menés par le capitaine Grimwood Cooke. Cinq de ces aviateurs reposent aujourd'hui au cimetière de Beaufort. Le corps du radio, Brian Gordon Louch, n'a quant à lui jamais été retrouvé.

Seul le navigateur, Philip Moore (Philip Brian Cecil Moore), survécut miraculeusement. Éjecté alors que l’avion se brisait en deux, son parachute s'est pris dans la cime des arbres. Blessé (trois côtes cassées), sans boussole, il réussit à s'orienter la nuit grâce à l'étoile polaire à travers la forêt, trouvant refuge dans une maison accueillante avant d'être arrêté par les Allemands. Après-guerre, Philip Moore connut une brillante carrière politique en Angleterre, devenant notamment le Secrétaire particulier de la Reine Elisabeth II de 1977 à 1986, avant d'être anobli sous le titre de Baron Moore de Wolvercote.

Un monument ancré dans l'histoire pour les générations futures Si la stèle et son panneau explicatif ont été placés en bordure de chemin pour des raisons pratiques d'accessibilité, le lieu exact du crash est désormais matérialisé par une dalle unique dans laquelle ont été scellés d'authentiques morceaux de l'avion, conservés précieusement par la famille Champeaux. Ce projet de mémoire a pu être concrétisé grâce aux recherches de l'historien local Alain Cesarini et au soutien d'entreprises locales pour la fourniture des matériaux.

Dans son allocution, la députée Florence Goulet a rappelé la valeur suprême de cette paix si précieuse : « En inaugurant cette stèle, nous renforçons notre devoir de mémoire. [...] À Beaufort-en-Argonne, où le destin de ces aviateurs s'est brutalement arrêté, ils ne seront pas oubliés et l'empreinte de la reconnaissance et du respect envers eux sera toujours présente. » Un message fort transmis aux générations futures, désormais gardiennes de ce sanctuaire de la liberté.

Jacquet Julien

Débris de l'avion récupérés et scellés dans le béton.

Cimetière de Beaufort

Voir des extraits vidéos, ici !

FBM

VF ramonage

JM concept

Le Capiton

Les pains galopains

Elena Roggio

LS couvertures

SAFTI

Mary Beauté

La K-BANE